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Période Féodale

 Une charte, datée du 30 mai 914, nous apprend qu'un membre de l'aristocratie lotharingienne, Guntbert, et son épouse Bertaïde, ont cédé plusieurs de leurs domaines, dont celui de Watermael, à l'Abbaye Saint-Martin de Tours. L'Abbaye leur rétrocédait alors ces domaines auxquels elle en ajoutait un autre qui lui était propre, et ce en usufruit viager pour les cédants et leurs enfants. Cet acte constitue le plus ancien document faisant mention de Watermael.        

    L'église de Watermael, dont la date de construction ne peut-être précisée, est édifiée vraisemblablement vers la fin du Xème siècle, sur le coteau où elle subsiste encore aujourd'hui. Elle est donc l'église-mère des paroisses environnantes. En 1193, le pape Célestin confirme la possession de l'autel de Watermael, c'est-à-dire le droit de nommer le curé et de percevoir la dîme, en faveur du chapitre de Cambrai, qui le céda dans la suite à l'abbaye de Val-Duchesse.

    Vers la même époque, on voit apparaître les échevins de Watermael, usant d'un sceau qui représente Saint-Clément, patron de la paroisse. Naturellement, cette double autorité, civile et religieuse, attachée au centre autour de l'église, étend sa juridiction sur les agglomérations voisines, établies dans les anciennes clairières de la forêt. Boitsfort comme Auderghem demeurent ainsi de simples hameaux relevant du curé et des échevins de Watermael. Il faudra le concours de deux circonstances - le développement rapide de Boitsfort et la ruine passagère de Watermael - pour renverser les rôles et attribuer une importance égale et même supérieure à Boitsfort. Le nom de Watermael renferme deux éléments : Water, eau, rivière et maal, lieu de justice. Donc Watermael veut dire vraisemblablement : lieu de justice près du ruisseau.

    Tout en relevant de Watermael, Boitsfort devient petit à petit le séjour des seigneurs. Quant vers 1050, les comtes de Louvain deviennent aussi comtes de Bruxelles, ils viennent s'installer dans le "Burg" entre les bras de la Senne. Mais ils veulent disposer d'un pavillon de chasse assez voisin de la forêt. Etant installés à Coudenberg, la villa domaniale de Boitsfort sera ce qu'a été pour eux la villa de Tervuren quand il habitaient le Mont-César à Louvain.

    Les mœurs grossières du temps exigent cependant que l'édifice soit pourvu de moyens de défense. Et puisque le site de la villa romaine ne comporte aucune facilité de défense et que dans le voisinage aucun promontoire escarpé ne se rencontre, les princes abandonnent la villa et descendent dans la vallée où la nature leur offre le moyen de défense rêvé. Pratiquement au pied de Jagersveld, la Woluwe rencontre un affluent, alors plus important qu'aujourd'hui et venant de gauche, c'est-à-dire du vallon où est tracée la drève du Duc actuelle. Les deux cours d'eau forment là un étang pourvu de deux bras et limité par la digue naturelle du chemin romain. Pour créer une motte féodale, il suffit de réunir par un fossé artificiel les deux bras et le château ducal est protégé. Ils y installent un grand veneur et en période de chasse, les nombreuses pièces du château hébergeront la Cour, toute sa suite et ses chiens (cfr. Hondenberg et rue de l'Abreuvoir).

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