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Avenue Georges Benoidt : nouveaux cerisiers du Japon tout en préservant les lucanes cerf-volant !

Les cerisiers du Japon offrent à l’avenue Georges Benoidt un charme pittoresque et une unité paysagère hors du commun. La majorité d’entre eux sont malheureusement en fin de vie… Leur remplacement est prévu à partir du 31 octobre.

Planning: 

Du 31/10 au 04/11: abattage des arbres

La rue sera fermée à la circulation et le stationnement y sera interdit.

Les garages seront accessibles.

A partir du 06/11

Rénovation des trottoirs et replantation des arbres.

La rue sera ré-ouverte à la circulation.

 

Plantés dans les années '30, les arbres ont vieilli et certains sont malades : leurs branches deviennent cassantes et dangereuses. Depuis 2013, leur remplacement est une priorité pour le collège des bourgmestre et échevins.

À tout dossier, sa gestion particulière et son lot de contraintes. Le cas de l’avenue Georges Benoidt ne déroge pas à la règle. Pourquoi ? D’une part, faisant partie du Logis, cette voirie est classée, et tout réaménagement ou changement, même partiel, doit être approuvé par la Commission Royale des Monuments et Sites, certains cerisiers du Japon de cette avenue accueillent dans leurs cavités un coléoptère en voie de disparition, le lucane cerf-volant. Bruxelles-Environnement doit dès lors donner son aval pour remplacer ces arbres – en piteux état phytosanitaire – d’autant plus que Watermael-Boitsfort est la seule commune bruxelloise à recenser cette espèce d’insecte. En attente de solutions sur le long terme, répondant aux différentes exigences urbanistiques et environnementales, la Commune et Le Logis ont déjà réduit en totem d’un mètre de haut les cerisiers devenus dangereux , afin de préserver l’habitat des lucanes…

Après deux années d’analyses, de conseils pris auprès de spécialistes (dont Roger Cammaerts, entomologiste,  spécialiste du lucane cerf-volant) et de dossiers adressés aux organismes compétents, 136 nouveaux cerisiers du Japon vont finalement être replantés.

Effectués par tronçon, les travaux compteront deux phases. La première consistera à abattre les arbres, à récupérer les sections de tronc accueillant les lucanes cerfs-volants et à les disposer près de la Villa Miraval, au niveau de la rue des Ibis. Une fois les coléoptères acclimatés à leur nouvel environnement, la seconde phase pourra débuter : elle sera consacrée à la replantation des cerisiers du Japon en lieu et place des anciens.

Ces travaux d’envergure réalisés en accord avec la beauté de ce site classé et la protection du lucane cerf-volant seront également l’occasion de redonner une nouvelle jeunesse aux trottoirs, refaits à l’identique.

 

 

Les lucanes

Watermael-Boitsfort est la seule commune bruxelloise à accueillir encore le lucane cerf-volant. Il se niche dans les cavités de vieux arbres et des troncs morts, particulièrement à l’avenue George Benoidt. L’animal et sa zone d’habitation sont protégés par une directive européenne. C’est pourquoi, la replantation de nouveaux arbres avenue George Benoit demande du temps et une mise en œuvre tout à fait particulière qui doit être validée par la Direction des Monuments et Sites. En attendant, on laisse des moignons d’arbres morts.

Découverte de ce coléoptère impressionnant avec Roger Cammaerts, entomologiste et spécialiste du lucane.

Le Lucane s’est-il toujours trouvé avenue George Benoidt ?

Auparavant, il y en avait beaucoup sur le talus de la rue des Trois Tilleuls. C’est une bête qui se nourrit de bois mort, enterré dans le sol. Maintenant, on en trouve au Jagersveld et, principalement, à l’avenue George Benoidt. Ils ont trouvé abri dans les cerisiers en « mourance » ou mort.

Pourquoi avoir choisi cette rue en particulier ? A Watermael-Boitsfort, il y a beaucoup de vieux cerisiers, sans oublier la forêt de Soignes…

Le lucane n’est pas une bête de forêt ou de clairière mais plutôt de lisière. L’avenue George Benoidt est une avenue dégagée qui compte beaucoup de bois mort et où, entre chaque souche, il y a de l’herbe.

Pourquoi l’espèce est-elle protégée ?

Un insecte protégé ne doit pas «apporter» quelque chose. C’est un insecte emblématique et spectaculaire. L'espèce est actuellement protégée mais continue à se raréfier géographiquement. Le lucane cerf-volant est protégé par une directive européenne mais aussi fédérale et régionale. Sa protection nécessite également la mise en place de zones spéciales de conservation.

Son habitat étant protégé, la commune a donc été obligée de garder du bois mort avenue Georges Benoidt…

Pour protéger leur habitat, on a donc laissé des moignons d’arbres. J’ai demandé qu’on les coupe à 1 mètre du sol car si on coupe à ras, cela risque d’être dangereux pour le piéton qui ne les voit pas.

L’insecte se renouvelle-t-il facilement ? 


La femelle pond ses œufs sur le bord des souches en creusant le sol. Les larves des lucanes vivent 3 à 5 ans sous terre avant d’éclore. Elles se nourrissent du bois mort ou pourrissant. Le moment venu, elles s'enterrent et se confectionnent une loge à leur mesure. Elles s'y transformeront en nymphes, puis en insectes volants l'automne venu, mais ces derniers n'émergeront qu'au début de l'été suivant. Selon les conditions climatologiques (la température du sol et l’ensoleillement), l’insecte peut atteindre, ici, jusqu’à 7 centimètres.

Quand peut-on les apercevoir ?

Ils éclosent en juin et encore un peu début juillet.

 

 

 

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